Jardiner dans un
monde en mutation
6. Jardiner autrement
Les VIVACES de l'Isle ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
préparé par Sylvie Machabée
Les Vivaces de l'Isle (vivaces.net)
Version 1.2, mai 2018
Jardiner autrement Page 1
Les activités humaines prennent une place énorme. Les habitats naturels disparaissent et les communautés
animales perdent leurs ressources. Les populations animales s'écroulent. En septembre 2017, le Fond mondial
pour la nature (WWF) avertissait que 50% des espèces canadiennes d’oiseaux, de poissons, de mammifères,
de reptiles et d’amphibiens sont menacées (Rapport Planète vivante Canada). Une étude (1), dans les aires
protégées allemandes, a constaté la perte de 80% des insectes volants, depuis 30 ans (2). Plus d'études sont
requises, mais le déclin est mondial et principalement causé par la perte d'habitats et l'utilisation abusive des
pesticides.
Le déclin des pollinisateurs n'est qu'une facette de cette tragédie qui affecte le fonctionnement et la structure
des écosystèmes terrestres. À moins que des correctifs ne soient apportés, le manque de pollinisation va aussi
affecter sérieusement les productions alimentaires mondiales, alors que la population humaine est
croissante.
Les terres, pour la plupart sous agriculture industrielle, utilisent abondance de pesticides et d'herbicides. Elles
n'offrent plus les fleurs et les habitats d'autrefois. Les zones urbaines et résidentielles déroulent des pelouses
stériles et des plantes exotiques impropres à supporter la petite faune locale. Avec l'aide de la voirie, la
phragmite, exotique et inutile, a envahi tous les fossés du Québec. Il n'y a presque plus de fleurs, ni d'habitats
pour les pollinisateurs et les autres insectes dont la petite faune dépend largement. Il est clair qu'à notre
époque, des terrains résidentiels stériles sont des aberrations dangereuses et inutiles.
À beaucoup de niveaux, des changements dans nos façons de faire doivent survenir rapidement. En attendant
que nos décideurs sortent de leur immobilisme, des changements peuvent être initiés rapidement, sur nos
propres terrains. Ils ont le potentiel de devenir des habitats pour plusieurs petits animaux, dont nombre
d'insectes pollinisateurs ou bénéfiques. Des efforts de réconciliation avec la nature sont à faire, à toutes les
échelles, car qu'on le veuille ou non, notre destin est lié à celui des autres espèces.
Offrir des habitats
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Nous ne pouvons ignorer la nature sans conséquences graves. C'est elle qui génère l'air que nous respirons, qui
assure le cycle de l'eau et qui maintient la fertilité des sols. La "santé" de la nature découle d'un équilibre complexe
qui s'est élaboré sur des millions d'années. Sa stabilité est liée à la diversité. Plus la diversité est grande, plus l'équi-
libre est facile à maintenir. Lorsqu'un problème affecte une composante, le système se stabilise grâce à ses autres
composantes. L'appauvrissement mondial de la biodiversité et l'utilisation généralisée de clones sont périlleux.
Il est vital d'agrandir les zones naturelles protégées, d'en restaurer autant que possible et de diminuer les impacts
des sites d'activités humaines. Toutefois, la biodiversité qu'un territoire restreint peut maintenir est limitée. Plus
petit est le territoire, plus grands sont les taux d'extinction. De surcroît, le peu de territoire naturel restant est
fragmenté en îlots isolés les uns des autres par des villes, des routes, des banlieux, etc. Or, les populations animales
ont besoin de circuler pour leurs besoins et pour se reproduire. La consanguinité mine la vigueur des populations.
Écoduc «Harm van de Veen» au Pays Bas, par Apdency - Eigenes Werk, CC0 domaine public, via Wikipedia - Biotopverbund
Travail de Natuur12 modifié, CC BY-SA 3.0 via Wikipedia
La circulation entre les îlots est toujours dangereuse et souvent
impossible. C'est souvent un suicide. Des corridors entre les
réservoirs naturels doivent être aménagés. Davantage sont requis.
Bien que nécessaires, ces réserves et corridors ne suffiront pas à eux
seuls, au maintien des écosystèmes et des services essentiels qu'ils
rendent. On le voit bien avec le déclin des pollinisateurs.
Parce que nous approchons rapidement de plusieurs des limites de ce que la planète peut tolérer sans dommages
substantiels et irréversibles, plus de 15 000 scientifiques internationaux (maintenant plus de 20 000), parmi le plus
influants de la planète, ont signé (nov. 2017) une 2e mise en garde au monde (17) implorant des changements
rapides, entre autres concernant l'économie axée sur la croissance, les gaz à effet de serre, l'état des écosystèmes et
de la biodiversité. Selon eux, « un changement radical dans notre intendance de la Terre et de la vie sur elle s’avère
nécessaire pour éviter la misère humaine à grande échelle ».
La cohabitation avec la nature est l'une des mesures urgentes à prendre pour la sauvegearde de notre biosphère en
péril. L'écologie de réconciliation vise à établir et à maintenir des habitats pour une diversité d'espèces, dans des
endroits où les gens vivent. Elle est applicable à toutes sortes d'échelles et peut prendre différents aspects : agrofo-
resterie, permaculture, aménagements verts, etc.. Côté résidentiel, des changements de l'image et de l'utilisation
des terrains sont à implanter dans les mœurs. On a pas les moyens de se passer de la nature et on ne peut plus
continuer à la jeter en dehors de "nos" terrains. L'augmentation de la biodiversité d'un terrain est un bel objectif et
une réalisation réjouissante de jardinage. Des banlieues plus accueillantes peuvent ainsi servir d'habitats à une
certaine petite faune, mais aussi de corridors entre les territoires.
Cohabiter avec la nature
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©Sylvie. Machabée (vivaces.net)_1685
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
Bruant à gorge blanche et bruant à couronne blanche
Ne plus utiliser de pesticides (ou herbicides) parce que
les invertébrés sont une partie vitale des l'écosystèmes,
et parce que les pesticides dérivent et tuent, sans discri-
mination, toujours plus que les cibles visées.
Les abeilles sont très sensibles aux pesticides, même aux
pesticides d'origine naturelle, comme la pyréthrine.
Les pesticides créent des résistances chez les ravageurs,
détruisent les insectes qui les contrôlent, ainsi que les
pollinisateurs et de nombreux animaux, dont des orga-
nismes du sol. Ils sont une menace à la santé humaine, à
la santé des sols et à la production alimentaire (ONU 8,
8a). Chez les animaux qui mangent des insectes
contaminés (musaraignes, oiseaux, batraciens, etc.), les
toxines s'acculument et finissent par devenir léthales.
La diminution des populations d'oiseaux migrateurs a été
liée à une gamme de facteurs dont l'application à grande
échelle de pesticides agricoles. D'abord, l'absence d'in-
sectes affame les oiseaux. De plus, selon une étude (3) de
2017, par des biologistes del'Université de Saskatchewan
une consommation même minime de pesticides provo-
que, chez les oiseaux chanteurs migrateurs, la perte du
sens de l'orientation et une perte de poids de 17 à 25 %.
Selon l'une des chercheurs, Christy Morrissey,
"Dans le monde réel, tout oiseau qui subit ces effets est
pratiquement un oiseau mort" (4). De surcroît, l'applica-
tion des pesticides se fait souvent à l'époque où les
oiseaux augmentent leur consommation alimentaire en
vue des migrations. Les pesticides à l'étude étaient les
deux plus couramment utilisés au Canada, l'imidacloprid
(un néonicotinoïde) et le chlorpyrifos (un organophos-
phoré). L'étude utilisait des bruants à couronne blanche
et la dose était de 4 graines de canola traitées par les
néonicotinoïdes ou huit granules d’organophosphorés,
soit environ 1 % de l'apport alimentaire quotidien.
La désorientation des oiseaux rappellent les problèmes
de retour à la ruche, observés chez les abeilles intoxi-
quées à faible dose (5a). À forte dose, l'intoxication leur
est mortelle. Les néonicotinoïdes sont des insecticides
neurotoxiques. Ils sont systémiques, c'est-à-dire qu'ils
circulent dans tous les organes de la plante, nectar et
pollen inclus (5b)(5c). Un lavage de la surface externe des
fruits et légumes ne permet pas de les éliminer.
L'emploi massif et préventif de semences enrobées de néonicotinoïdes (au Québec, 100% du maïs et 50% du soya, 7)
est responsable en bonne part du déclin des abeilles (6a) et d'autres organismes. Ils sont suspectés dans l'incidence
de plusieurs maladies (Alzheimer, Parkinson, etc.) (6b). Triste constat, alors que les études de l'Agence américaine de
protection de l'environnement (USEPA) démontrent que l’utilisation des semences traitées aux néonicotinoïdes ne
permet pas d’augmenter significativement le rendement des cultures de soya, comparativement à l’utilisation de
semences non traitées (7) et que des études québécoises montrent que leur utilisation préventive n’est pas justifiée
(Annexe 1). Les politiques récentes autorisent encore leur utilisation sous prescription d'un agronome (8b).
1 de 10. Ne plus utiliser de pesticides
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Une partie du CO
2
absorbé retourne dans l'atmosphè-
re et une fraction est séquestrée dans l'humus. Image
dérivée de Soil Food Web de USDA, domaine public, via Wikimedia C
Une autre fraction reste normalement séquestrée dans le sol. On peut lui ajouter la fraction de carbone provenant des
tissus morts des racines, issus du renouvellement normal du système racinaire.
Il y a une voie plus efficace par laquelle le carbone athmosphérique retourne au sol. Dans une situation normale (sans
fertilisants chimiques), les plantes envoient, jusqu'à 40% des sucres issus de la photosynthèse, dans le sol. Ces sucres
(sous forme d'exsudats racinaires) servent à la formation d'une zone (la rhizosphère) riche en microorganismes autour
des racines, et à des échanges avec les champignons et organismes du sol. La présence des microorganismes protège les
plantes des pathogènes et génère des nutriments qui satisfont de 85 à 90% des besoins des plantes.
Une suite de processus, impliquant des colles bactériennes et des hyphes de champignons, permet l'agglomération du
carbone du sol en particules (humus) stables et durables. À ces processus, s'ajoute la circulation des habitants du sol
qui accroît l'aération nécessaire aux processus biologiques, comme la fixation de l'azote. L'aération du sol permet aussi
le réapprovisionnement des nappes phréatiques. Pour chaque 1% d'augmentation de matière organique du sol, 21
tonnes de carbone par hectare ont été séquestrées (réf.A). L'humus est enfoui dans le sol pour très longtemps.
Différente du compostage, la séquestration du carbone passe par la création d'humus dans le sol, sous une forme stable
qui peut rester stockée pendant des centaines d'année. La formation de l'humus dépend des relations entre les plantes
et les habitants du sol. L'apport d'engrais chimiques, aliène les relations entre les plantes et les organismes du sol. La
matière organique et les populations du sol déclinent. La formation de l'humus est réduite ou stoppée de concert avec
la perte des organismes responsables de sa formation. Le sol se dégrade et s'érode. Le labour et le bêchage sont aussi
à éviter car ils rompent les relations entre les partenaires et brisent les hyphes des champignons. Le sol exposé à l'air
libère du CO
2
et de l'oxyde nitreux, deux gaz à effet de serre. De même, un sol laissé à nu, verra sa structure décliner à
cause du bri des relations entre les plantes et les organismes du sol.
L'agriculture régénératrice vise à séquestrer un maximum de carbone. C'est une solution peu coûteuse, applicable par-
tout, qui répond à de nombreux problèmes graves : réchauffement climatique, dégradation des sols, érosion , déserti-
fication, raréfaction de l'eau, pollution (souvent d'origine agricole), disparition de la vie marine (très affectée par la pollution
agricole), épuisement des ressources (la production de fertilisants est extrèmement énergivore), perte de la biodiversité (très
malmemée par l'agriculture industrielle). Selon l'ONU (8), les approches agroécologiques pourraient permettre de nourrir
l’ensemble de la population mondiale et seraient même plus rentables que l'agroindustrie.
On sait que le réchauffement climatique est lié en bonne
part à l'augmentation du carbone athmosphérique (CO
2
).
La séquestration du carbone consiste à prendre le carbone
atmosphèrique pour le remettre dans le sol, sous forme de
matière organique ou végétale. Cette approche a le poten-
tiel d'atténuer significativement les changements climatiques.
Lors de la photosynthèse, les plantes utilisent l'énergie du
soleil, pour convertir le CO
2
athmosphérique en glucose riche
en carbone (C
6
H
12
O
6
). Ce sucre simple sera utilisé pour
former des chaînes de sucres complexes (polysaccharides)
comme l'amidon et la cellulose. Les polysaccharides
représentent 75 % de toute la matière vivante et organique
morte de la planète. Le carbone (à l'origine prélevé dans
l'athmosphère) constitue 50% du poids sec d'une plante.
Lorsqu'une plante meurt ou que les feuilles tombent, les 2/3
du carbone retournent dans l'athmosphère et 1/3 devient la
matière organique du sol. La décomposition de la matière
demande la participation de microorganismes aérobies (qui
respirent de l'oxygène et rejetent du CO2), de sorte que le
carbone est principalement retourné dans l'athmosphère.
C'est une partie du cycle normal du carbone.
2 de 10. Séquestrer du carbone (théorie)
Jardiner autrement Page 5
Le compost est excellent pour le sol et va servir à nourrir
les plantes qui ne recoivent pas d'engrais chimiques. Les
tontes laissées sur place, les feuilles mortes et autres
matières organiques seront aussi éventuellement
décomposées. Une partie de tout ce carbone va être
intégrée au sol.
L'humus est ce qui reste lorsque tous les produits
utilisables ont été extraits par les microorganismes.
L'humus est une substance riche en carbone, qui peut se
conserver pour plusieurs centaines d'années. Il est
spongieux et retient beaucoup l'eau et les minéraux dont
les plantes ont besoin. En plus de leur permettre de
résister à la sécheresse, il donne une structure friable au
sol, facilitant la circulation de l'air et de l'eau.
Les jardins sont souvent des sources d'émissions de
carbone. On peut inverser la situation en utilisant le moins
d'équipement à essence et en y travaillant autrement.
Pour séquestrer un maximum de carbone dans l'humus :
-Utiliser un maximum de plantes vivaces durables. Plus
longtemps elles vivent, le plus lontemps elles séquestrent.
-Plus longues les racines, plus profonde la séquestration.
Arbres et arbustes séquestrent le plus profondément.
-Utiliser un maximum de plantes natives. Elles ont des liens
privilégiés avec les microorganismes natifs. (9)
-Diversifier les plantations. (10)
-Assurer la santé des sols en éliminant les produits.
chimiques et fournissant des matières organiques.
-Minimiser le travail du sol. Ne plus bècher, ni labourer.
-Ne pas laisser de sol à nu. Pailler et végétaliser le sol.
Les vertus de la matière organique sont connues depuis
longtemps. Ce qui est nouveau, c'est la compréhension des
processus, qui sont mesurables avec des outils scien-
tifiques. Les pratiques agroécologiques sont sous étude
depuis des décennies car l'agriculture industrielle
dominante, est extrêmement problématique. Elle est
responsable de 30% des gaz à effet de serre, est incapable
d'assurer la souveraineté alimentaire (ONU 8, 8a), et a
tellement d'impacts négatifs qu'elle est une menace à la
vie sur notre planète. L'adoption généralisée de méthodes
agroécologiques séquestrant le carbone et le développe-
ment de plantes alimentaires vivaces peuvent permettre
d'atténuer les changements climatiques. Ces méthodes
ont leurs limites, il faut aussi réduire les émissions.
Photo de Josh Larios, (CC BY-SA 2.0) via Flickr
Poignée de terre du même terrain, la 2e amendée avec
du compost pendant des années
Le compost est obtenu de la décomposition de
matières organiques (résidus végétaux, pelures,
etc). On le déclare "fini" lorsqu'il est foncé et
qu'on ne distingue plus la nature de ses compo-
santes. Le compost est une matière qui n'est pas
complètement décomposée, il est encore très
riche en matières organiques. Beaucoup de bac-
téries, champignons, arthropodes et nématodes y
festoient encore, libérant des nutriments que les
plantes peuvent assimiler. Il ne contient qu'une
petite fraction d'humus. Après des années,
lorsqu'il sera complètement décomposé, il sera
100% humus. Pour des conseils de compostage,
voir les références 11 et 12.
3 de 10. Composter et séquestrer du carbone
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Soyez plus tolérant.
Les plantes que nous considérons comme des mau-
vaises herbes (pissenlits, trèfles, etc.) sont aussi des
sources de nourriture importantes pour les abeilles
indigènes et les insectes bénéfiques. L'acharnement
à maintenir des "pelouses de golf" est nuisible.
Les pucerons et certains autres insectes produisent
une substance sucrée, appelée miellat, qui est une
source de sucres importante pour certains insectes
bénéfiques comme les guêpes parasitoïdes, les
abeilles, les syrphes et les fourmis. Soyez tolérant,
un simple jet d'eau peut réduire le nombre des
pucerons sans apport de pesticides.
L'arrivée d'insectes bénéfiques pouvant contrôler les
ravageurs demande un certain temps, surtout dans
un environnement appauvri. La présence d'insectes
bénéfiques demande qu'une certaine quantité de
ravageurs reste présente.
Questionnez-vous sur ce qui compte
vraiment et sur le tort réel que vous
subissez.
Apprennez à connaître les habitants de
votre jardin.
Photo recadrée du domaine public (CC0 1.0) via Pixabay
Abeille indigène ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
Abeille indigène ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
4 de 10. Être plus tolérant
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Photo licence (CC0 1.0) domaine public, via Pxhere
Photo licence (CC0) domaine public, via Pixhere
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
Les chenilles du Vulcain (Vanessa atalanta rubria) et de
la Petite vanesse (Aglais milberti), ainsi qu'une douzaine
d'autres papillons du Québec ont l'ortie comme plante-
hôte. Les plantes-hôtes sont indispensables aux papillons
pour compléter leur cycle de vie. Il peut s'agir d'une
seule plante, ou d'un nombre limité de plantes souvent
apparentées.
À voir sur le site du Gouvernement du Canada
Papillons diurnes du Canada
et Index des plantes hôtes
Les pelouses sont utiles dans les passages et les aires de
vie. Leur utilisation est souvent abusive. Si elles ne
demandent que peu ou pas d'arrosage et que les résidus
de tonte suffisent à les fertiliser, elles peuvent
séquestrer plus de carbone qu'elles n'en produisent.
Elles ne nourrissent cependant personne et lorsqu'elles
utilisent beaucoup de ressources, mieux vaut les réduire.
Laissez des zones sauvages intactes ou renaturalisez
une ou des zones de votre terrain (même petites).
L'herbe longue fait le bonheur de nombreuses créatures.
Certaines plantes sauvages peuvent avoir une nature
expansive, choisissez un endroit approprié. Bâtiments et
pelouses peuvent servir à les confiner.
Vulcain,
Domaine public
(CC0 1.0),
via Public Domain Pictures
Petite vanesse ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
5 de 10. Laisser des zones sauvages et réduire les pelouses
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Strate arborescente
Strate arbustive
Strate herbacée
Strate muscinale
Mousses, champignons…
Stratification de la végétation par Elke Freese à cette adresse. Domaine public
Cultiver des plantes de structure et niveaux différents
Une végétation diversifiée, structurellement complexe, qui inclut des herbacées, des arbustes et des
arbres, augmente la diversité de tous les organismes.
Fournir des habitats sains où la petite faune peut se nourrir et s'abriter
Fournir des abris avec des souches, des buches et des piles de branches. Fournir aussi des abris et de
la matière organique, en laissant une litière de feuilles et en poussant des feuilles sous les arbustes.
Rainette cruciforme ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
6 de 10. Instaurer une complexité structurelle au jardin
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Mésange à tête noire construisant un nid,
par born1945, (CC BY 2.0), via Flick
Souches et fougères par Peter Barr, (CC BY-SA 2.0), via Flickr
Photo par Martin Stone, licence (CC BY-SA 2.0), via Flickr
Les mésanges survivent à
l'hiver en emmagasinant de la
nourriture. Ils ont un plumage
très isolant et passent les nuits
dans des cavités soigneusement
choisies, souvent dans les
bouleaux et les aulnes. Ils
nichent dans des cavités et ont
besoin qu'on laisse les chicots
morts en place. Ils ne sont
qu'un exemple d'organisme qui
dépend du bois mort.
De nombreux autres petits
animaux (oiseaux, mammifères
et arthropodes) ont besoin
d'abris. La présence de bois
mort, de branches, de feuilles
et d'herbes mortes de l'annéee
précédente, qu'on laisse en
place, leur est profitable.
Plusieurs abeilles indigènes
nichent dans des cavités du bois
mort. Elles jouent un rôle
majeur dans la pollinisation.
Elles ont besoin d'habitats et
nous avons besoin d'elles.
7 de 10. Fournir des abris
Jardiner autrement Page 10
Agapostemon virescens
quittant le nid
par M. Vassey, via Flickr
(CC BY-NC-ND 2.0),
La plupart des abeilles sauvages sont solitaire. Elles ne
ne vivent pas en groupes. Les bourdons nichent en
société. Toutes sont menacées par la perte d'habitats
et les pesticides, mais aussi par la compétition avec
les abeilles domestiques pour les rares ressources.
Elles sont souvent petites et ne butinent pas très loin
de leur nid. Leur rayon d’action peut varier, selon les
espèces de quelques mètres pour les toutes petites,
jusqu'à quelques centaines de mètres, pour les
bourdons. Elles ne produisent pas de miel récoltable
et font des nids dans des cavités du bois ou des tiges
creuses (30%) ou dans le sol (70%). Elles ont besoin
d'accéder à des portions de sol bien drainé et
ensoleillé. Plusieurs apprécient la pente d'une butte.
Pour pailler, utiliser du compost ou des feuilles déchi-
quetées plutôt que du gros paillis de bois. C'est assez
léger pour permettre aux petites abeilles de nidifier.
Et le sol ne s'en portera que mieux. Quand les plantes
sont matures, un paillage à l'avant de la plate-bande
suffit souvent.
Normalement, lorsque les abeilles sentent la pluie
venir, elles rentrent au nid. Avec les arroseurs
(sprinklers), les femelles non prévenues trouvent à
leur retour, les entrées embourbées et perdent
parfois leurs repères. Elles peuvent abandonner les
nids. Le goutte à goutte est préférable.
Pour celles qui nichent dans des tiges creuses, coupez
les tiges de l'année précédentes à 30-40cm de
hauteur (pour les plantes avec une assez bonne
grosseur de tiges), un peu moins pour les plus petites.
Les vieilles tiges seront bientôt dissimulées dans les
feuillages. Les abeilles ne les utiliseront plus
lorsqu'elles seront hors d'état.
On suggère souvent de fournir des nichoirs aux
abeilles qui nichent dans des cavités. Éviter le bois
traité et de conifères. Il faut percer des trous de 3/32
à 3/8 po. Plus petits que 1/4 po, ils auront une
longueur minimum de 3". Plus gros que 1/4 ", une
longueur d'au moins 5 à 6". La longueur importe car
les femelles commencent par le fond, à pondre des
mâles. Trop court, il y aura peu ou pas de femelles.
Les tunnels et les accès doivent être libres
d'abrasions. On contrôle les parasites avec des
doublures de papier ou on les jette après 3 ans. Pour
les jeter, tôt en avril, les mettre dans un contenant
avec une petite sortie, grosse comme un 10 cents. Les
abeilles pourront sortir mais ne reviendront pas y
nicher. Pour des conseils, voir les réf. 13 et 14. L'utilité
des nichoirs n'est cependant pas démontrée (15).
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
Andrène au nid
par Dluogs, via Flickr
(CC BY-SA 2.0),
Penser aux abeilles
Jardiner autrement Page 11
Tous les animaux ont besoin d'eau. L'offre d'eau est toujours gagnante.
-
Différentes stuctures et situations attirent différents types de visiteurs
-
Fournir de l'eau accessible. Très peu profonde et avec peu de pente, pour les insectes
-
Les flaques de boue plaisent aux papillons
-
Photo par sojournstar , (CC0 1.0) domaine public, via Pixabay
Pour les oiseaux surtout,
attention aux chats. Les
garder à l'intérieur si
possible. Sinon, mettre un
grelot et éviter les sorties au
lever du jour. Les garder à
l'intérieur la nuit
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
8 de 10. Fournir de l'eau
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©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
Contrairement à ce que bien des gens pensent, les fleurs sont bien plus que décoratives. Elles jouent un rôle extrè-
mement important dans la nature. Bien sûr, elles permettent la reproduction des plantes qui sont à la base de tous
les écosystèmes. Le pollen et le nectar sont les aliments des abeilles, mais aussi de nombreux autres insectes et des
oiseaux-mouches. Les fruits et les graines qui résultent de la fécondation des fleurs sont des aliments de première
importance pour nous. Il n'y a pas que les abeilles que les plantes cherchent à attirer, il y a aussi les guêpes,
parasitoïdes ou non, qui dépendent presque toutes du nectar à l'âge adulte. Toutes utiles, les guêpes contrôlent les
populations d'insectes qui seraient autrement totalement hors contrôle. Les nombreuses guêpes parasitoïdes, qui
vivent en solitaire et ne piquent pas, sont certainement les meilleures amies des plantes et des jardiniers.
Regrouper les plants
Les fleurs sont butinées de différentes façons, selon leur forme. Chaque nouveau scénario est un apprentissage
pour le butineur. Dans un "souci" d'efficacité, les abeilles pratiquent "la constance florale". Elles butinent la même
sorte à la fois et sont attirées par des regoupements de plantes ( 3 à 5 convient gén.). La valeur des variétés horti-
coles pour les insectes est variable. Éviter ceux à fleurs doubles qui sont pratiquement vides de pollen et nectar.
Les butineurs ont besoin de ressources diversifiées, pendant toute la saison.
Avec les monocultures, quand la floraison est terminée, il ne reste rien. C'est un grave problème pour la survie des
abeilles. De surcroît, le manque de diversité alimentaire affecte la santé des populations de butineurs.
Offrez un bar à nectar - Tenez compte des goûts des butineurs lors de vos achats.
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
9 de 10. Fournir des fleurs riches en nectar et pollen
Jardiner autrement Page 13
©Sylvie. Machabée (vivaces.net)
SOLIDAGO RUGOSUM 'Firewoks', une splendide variété de verge d'or, non envahissante et adorée des butineurs en fin de saison.
Quand on connait la spécificité des chenilles et de la plupart des insectes envers leur plante-hôte, on comprend
facilement l'importance des plantes indigènes pour la petite faune. Contrairement aux insectes introduits, nos
insectes herbivores ont une armée de prédateurs à leur trousse et les dégats ne sont que rarement ou
temporairement majeurs. Malgré quelques trous, nos plantes locales se portent bien et nos paysages ne sont
pas dévastés. Les plantes indigènes génèrent une importante biomasse d'insectes qui sont la nourriture
essentielle des oiseaux et des autres petits animaux.
Les insectes d'origine étrangère sont une menace pour nos écosystèmes. Plusieurs migrent vers le nord avec le
réchauffement climatique, mais plusieurs autres sont véhiculés par le commerce mondial. Le longicorne asiati-
que, à lui seul, menace de dévaster toutes les forêts de feuillus du Canada (un désastre économique et pour tous
les animaux qui en dépendent)(20, 21). Parmi les nombreux arbres qu'il détruit, le longicorne asiatique a une
préférence marquée pour les érables, les ormes, les peupliers, les saules et les bouleaux. Encore absent du
Québec, sa présence doit être rapportée le plus rapidement. Avec les ormes déjà détruits (maladie hollandaise)
et les frênes dévastés par l'agrile du frêne, on est en droit de se demander à qui profite la mondialisation. La
grande entreprise s'enrichit mais n'assumera aucune des pertes et des misères insensées qui découlent de ses
activités.
Les plantes et les insectes qui ont coévolués pendant des millions d'années ont développé des affinités les uns
pour les autres. L'utilisation de plantes exotiques favorise la présence d'insectes exotiques qui compétitionnent
pour des ressources déjà insuffisantes. De plus, il a été noté que les abeilles d'origine étrangère préfèrent sou-
vent butiner des plantes de même origine. Elles les fécondent et favorisent leur dispersion au détriment de celle
des plantes indigènes dont dépend la petite faune locale.
Des études ont montré qu'une augmentation même modeste de plantes indigènes, incluant arbres et arbustes,
dans les banlieues accroît de manière significative le nombre et la diversité des oiseaux qui y nichent. De plus,
l'utilisation de plantes indigènes donne un caractère distinct aux paysages locaux. C'est certainement un atout
pour les activités touristiques.
10 de 10. Utiliser des plantes indigènes
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Mésange à tête noire ©Sylvie. Machabée (vivaces.net)_543
Avec les mangeoires, on aide les oiseaux à
passer l'hiver en plus grand nombre. L'été
venu, les ressources manquent, car la grande
majorité des oiseaux (non marins) utilisent
les insectes comme source indispensable de
protéines pour la croissance rapide de leurs
jeunes. Les insectes déclinent, les oiseaux
aussi. Ils ont faim.
À titre d'exemple, les mésanges utilisent des
chenilles à plus de 95 %. On parle de 390 à
570 chenilles par jour et de 6 240 à 10 260
chenilles par nichée. Si on pense au nombre
de mésanges et à tous les autres oiseaux, on
obtient des chiffres faramineux. Un seul type
d'environnement peut produire une telle
quantité d'insectes. La biomasse de lépidop-
tères produite par les plantes indigènes serait
35 fois plus grande que celle produite par des
plantes d'origine étrangère. Les données
sont particulièrement claires pour les arbres
et arbustes.
La FÉDÉRATION CANADIENNE DE LA FAUNE offre
des conseils pour la création d'un mini-boisé à la
page Aidez les habitats névralgiques
Des études américaines ont établi l'utilité
spécifique des plantes indigènes à supporter la
faune locale aux États-Unis, versus celle des plantes
exotiques. On peut extrapoler les données pour le
Québec
Couleur : indigènes au Qc am : plantes américaines
En noir : plantes d'origine étrangère
am : plantes américaines
Nombres de lépidoptères
(papillons USA ) supportés
par quelques arbres et
arbustes
Nombres de lépidoptères
(papillons USA) supportés
par quelques plantes
herbacées
Chêne
518
Trèfle
122
Cerisier tardif
429
Verge d'or am
115
Bouleau
400
Aster am
109
Peuplier
358
Pissenlit
87
Érable
287
Fraisier am
81
Pommier
284
Tournesol am
75
Pin
191
Pesicaire am
58
Noyer
123
Chenopode
42
Amélanchier
119
Eupatoire am
41
Mélèze
115
Carex am
36
Cornus
115
Ortie am
35
Spirée indigène
86
Melilotus
32
Vinaigrier
54
Chrysanthème
22
Lilas
35
Achillée
21
Berberis
12
Vernonia am
19
Fusain
6
Oenothera am
17
Ginkgo
4
Doellingeria am
17
Hydrangée
5
Anaphalis am
7
Cotinus
4
Helenium am
5
Philadelphus
4
Heliopsis am
2
Weigelia
2
Echinacée am
1
Des données plus complètes sont disponibles et téléchar-
geables à BRINGING NATURE HOME - What to Plant
Bringing Nature Home (Douglas W. Tallamy. 2009. Timber Press)
est un livre à lire pour une meilleure compré-hension du
rôle des plantes indigènes dans le maintien de la
biodiversité.
Nombre de Lépidoptères
Jardiner autrement Page 15
Les plantes d'origine étrangère sont incapables de supporter la faune locale. Pire, certaines, hors du contrôle de
leurs pathogènes et ravageurs naturels, deviennent parfois si envahissantes qu'elles privent les animaux de leurs
ressources alimentaires. On n'a qu'à penser au bambou japonais ou à la phragmite qui envahit les fossés et les
lieux habituellement laissés aux fleurs sauvages et à leurs insectes visiteurs.
Les espèces envahissantes sont un danger à l'échelle mondiale. C'est l'une des plus grandes menaces pour la
faune et la flore du monde entier. Selon les experts (18), le danger augmente avec le commerce mondial. Selon
l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), même si la plupart des pays ont pris l'engage-
ment de s'attaquer à cette menace, seule la moitié ont introduit une législation et encore moins ont pris des
mesures suffisantes sur le terrain.
Les jardins jouent un rôle de corridor de migration pour des nombreuses espèces de plantes. On ne compte plus
le nombre de plantes et d'insectes introduits dans la nature, par le commerce des plantes.
Avec les changements climatiques, un certain nombre de plantes pourraient jouer un rôle de soutien essentiel.
Mais on craint surtout (et c'est déjà le cas pour plusieurs) que de nombreuses espèces ornementales exotiques
deviennent envahissantes et menacent la flore indigène déjà sous stress, ainsi que la faune associée. Aucune
plante agressive étrangère ne devrait être tolérée au jardin, et encore moins jetée dans la nature.
Phragmites à l'assaut de quenouilles indigènes, CC0 Public Domain, via pxhere
Attention aux exotiques potentiellement envahissantes
Jardiner autrement Page 16
APPLICATIONS POUR MIGRATION ASSISTÉE
Illustration de Frits Ahlefeldt Founder Hiking.org, licence (CC BY-NC-ND 2.0) via Flickr
Le réchauffement climatique est en cours. Il est perceptible même au niveau du jardin. La violence des vents
augmente. Les automnes ont changé, on passe quasi directement de l'été à l'hiver. Certaines plantes doivent
être déplacées. On note l'arrivée de nouveaux insectes. Le climat est exacerbé. Les périodes de sécheresse
alternent avec des périodes de pluie trop abondante.
À un niveau plus large, le nombre d'ouragans violents a quadruplé dans les 20 dernières années. Selon l'ONU,
9 catastrophes naturelles sur 10 seraient liées au climat et leur nombre ira en augmentant (19).
Dans l'ouest, on voit de violents incendies de forêt à des périodes inhabituelles de l'année. Les zones de rusticité
changent. Les espèces migrent vers le nord. Les communautés animales et végétales se modifient. Le site web
de Ressources naturelles Canada offre des cartes de répartition actuelle et potentielle pour diverses espèces
végétales, à cette adresse Modèles et cartes spécifiques aux espèces végétales
Certaines populations animales et végétales vont disparaître, d'autres s'établiront et pourront s'intégrer. Les
jardiniers doivent faire preuve de vigilance dans l'utilisation de plantes exotiques. On prévoit que certaines
espèces exotiques deviendront envahissantes et que de nouveaux ravageurs feront leur apparition. Dans des
milieux riches et diversifiés, les envahisseurs devraient avoir moins de facilité à s’implanter.
On argumente sur la "migration assistée" c’est-à-dire, sur le déplacement par l’homme d’organismes vers des
endroits où les futures conditions climatiques seront plus adéquates. C'est une mesure qui semble pertinente
dans certains cas, mais qui risque d'avoir des effets dévastateurs sur les communautés locales. Aucune stratégie
d’adaptation ne compensera jamais pour les impacts sur toutes les formes de vie et pour les tragédies humaines
en vue. S'adapter ne suffira pas. Il est impératif de mettre fin à l'escalade des températures. Le manquement à
cette responsabilité de la part des dirigeants est ni plus ni moins qu'un crime contre l'humanité et contre la vie
dans son ensemble.
Migration des espèces
Jardiner autrement Page 17
High Line (Manhattan, New York) par Beyond My Ken, licence GFDL, via Wikipedia
L'horticulture contemporaire, publique ou domestique, urbaine ou rurale a maintenant de nouveaux
mandats: être soutenable, c’est-à-dire avoir un minimum d'impacts négatifs et supporter la
biodiversité par des pratiques et des plantations conciliables avec la nature.
High Line (Manhattan, New York) par cultivar413, licence (CC BY 2.0), via Flickr
Supporter la biodiversité
Jardiner autrement Page 18
Jardin privé pour la faune, Islington, Grande Bretagne
par David Hawgood, (CC BY-SA 2.0), via geograph
Ce sont les plantes vivaces et les plantes
ligneuses qui permettent le mieux de
supporter la biodiversité. L'utilisation de
plantes indigènes et la recherche d'une beauté
naturelle permettent de créer des habitats
riches en ressources pour la vie sauvage, tout
en réduisant les besoins en eau, en fertilisant
ou autres intrants. La réduction des surfaces de
pelouse et des habitudes inutiles de contrôle
(tailles et ménages) va en ce sens.
Les problèmes sont mondiaux, les tendances
en design d'espace verts le sont aussi.
Les arbustes taillés en boule et les pelouses de
golf sont anachroniques et obsolètes
High Line (Manhattan, New York) par sharon_k, licence (CC BY-SA 2.0), via Flickr
High Line de Manhattan
Jardiner autrement Page 19
Photo domaine public (CC0 1.0) via Pixabay.
Photo domaine public (CC0 1.0) via Pxhere.
Selon une étude (16), les préférences des propriétaires de maison, en terme
d'aménagement de façade, sont liées à la cohérence et aux convenances avec le reste du
quartier, plutôt qu'à une adhésion véritable à la manière de faire conventionnelle.
Si l'image du quartier se modifie, les préférences se modifient .
Alors oui, les façons de faire peuvent changer.
"Mechanical-people" est une gracieuseté de Frits Ahlefeldt Founder Hiking.org, (CC BY-NC-ND 2.0) via Flickr
Aménagement résidentiel
Jardiner autrement Page 20
Photo domaine public (CC0) via Pixabay
Pour un "look" plus entretenu
tondre les bords des et des
allées de pelouse
regrouper les plantes en
massifs,
utiliser différentes hauteurs
dans les plantations,
dégager une ligne de vue,
utiliser des matériaux
structurants comme des
murets ou des pierres
Photo par ukgardenphotos, licence (CC BY-NC-ND 2.0), via Flickr
TENDANCE beauté naturelle
Jardiner autrement Page 21
"L’utilisation des néonicotinoïdes au Québec"
"Au Québec, on estime que les semences traitées aux néonicotinoïdes sont utilisées sur
près de 100 % de la superficie des cultures de maïs et sur plus de 50 % de la superficie des
cultures de soya, ce qui représente environ 500 000 hectares. Par ailleurs, la présence de
ces insecticides est généralisée dans les cours d’eau échantillonnés dans les secteurs de
culture du maïs et du soya."
"Le Centre de recherche sur les grains (CEROM) du Québec a démontré que l’utilisation
systématique de semences traitées aux néonicotinoïdes n’est pas justifiée. Celles-ci sont
souvent utilisées de manière préventive, sans qu’aucun problème d’infestation des
ravageurs des semis n’ait été décelé."
"Des études de la United States Environmental Protection Agency (USEPA) démontrent que
l’utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes ne permet pas d’augmenter
significativement le rendement des cultures de soya, comparativement à l’utilisation de
semences non traitées. Similairement pour la culture du maïs, des études du CEROM
révèlent que l’utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes n’engendre pas
d’augmentation significative de rendement, même avec une faible présence de ravageurs
des semis."
À partir de l’adresse
<http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/pesticides/strategie2015-2018/pollinisateurs.htm>
Extrait tiré de la page
"La protection des pollinisateurs"
du gouvernement du Québec, à cette adresse
<http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/pesticides/strategie2015-2018/pollinisateurs.htm>
Annexe 1
Jardiner autrement Page 22
1-More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas
À partir de l’adresse <http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0185809>
2-
80 % DES INSECTES VOLANTS ONT DISPARU DEPUIS 30 ANS, UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE IMMINENTE EST À CRAINDRE
3-Imidacloprid and chlorpyrifos insecticides impair migratory ability in a seed-eating songbird
November. 2017, Scientific Report
An Introduction to Reconciliation Ecology
À partir de l’adresse <http://tolweb.org/treehouses/?treehouse_id=4558>
4-Des pesticides perturbent la boussole interne des oiseaux, selon une étude
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1089543/neonicotinoides-oiseaux-chanteurs-orientation-poids-pesticides-migration
5a-Abeilles et néonicotinoïdes : quel est le problème ?
https://www.franceculture.fr/environnement/abeilles-et-neonicotinoides-quel-est-le-probleme
5b-Neonicotinoids, bee disorders and the sustainability of pollinator services
À partir de l’adresse <https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877343513000493>
5c-Residues of neonicotinoid insecticides in pollen and nectar from model plants
https://pdfs.semanticscholar.org/0e99/3a1f924b0b264442082264a0c1293a602c83.pdf
6a-Risques environnementaux des pesticides néonicotinoïdes : synthèse des études scientifiques publiées depuis 2013
https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/02/risques_environnements_pesticides.pdf
6b-Catching Up with Popular Pesticides: More Human Health Studies Are Needed on Neonicotinoids
À partir de l’adresse <https://ehp.niehs.nih.gov/125-a41/>
7-La protection des pollinisateurs
À partir de l’adresse <http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/pesticides/strategie2015-2018/pollinisateurs.htm>
8- Rapport de la Rapporteuse spéciale sur le droit à l’alimentation
http://www.refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=58ad94774
8a- Report of the Special Rapporteur on the right to food
http://www.refworld.org/docid/58ad94584.html
8b-Québec veut encadrer l'usage des pesticides « tueurs d’abeilles »
À partir de l’adresse <https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1084649/quebec-encadrer-usage-pesticides-tueurs-abeilles-neonicotinoides>
9-Native plants fare better against an introduced competitor with native microbes and lower nitrogen availability
À partir de l’adresse <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5402526/>
10-Plant diversity enhances productivity and soil carbon storage
À partir de l’adresse <http://www.pnas.org/content/early/2018/04/13/1700298114>
11-Compostage
<http://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/ministeres/egl/environnement/content/terre_et_dechets/content/compostage.html>
12-Autres méthodes de compostage
13-Nichoirs pour abeilles sauvages et autres hyménoptères (PDF)
http://www.bienenzukunft.ch/sites/default/files/nichoirs_hymenopetres_2013.pdf
14-Native Bees, Solitary Bees, and Wild Bees: What are they? (PDF)
Références
Jardiner autrement Page 23
15-‘Bee Hotels’ as Tools for Native Pollinator Conservation: A Premature Verdict?
À partir de l’adresse <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4364699/>
16- What Will the Neighbors Think? Cultural Norms and Ecological Design
17-World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice
À partir de l’adresse <https://academic.oup.com/bioscience/article/67/12/1026/4605229>
Traduit en français à catte adresse L’alerte des scientifiques du monde à l’humanité : un deuxième avis
À partir de l’adresse <https://www.goodplanet.info/debat/2017/11/14/lalerte-scientifiques-monde-a-lhumanite-deuxieme-avis/>
18- Invasive species threat growing globally, experts warn
À partir de l’adresse <https://www.theguardian.com/environment/2010/jan/22/invasive-species-threat>
19- Catastrophes naturelles et réchauffement climatique
http://www.vedura.fr/environnement/climat/catastrophes-naturelles-rechauffement-climatique
20- Longicorne asiatique
À partir de l’adresse <https://www.rncan.gc.ca/forets/feux-insectes-perturbations/principaux-insectes/13370>
21-ASIAN LONGHORNED BEETLE
À partir de l’adresse <https://www.dontmovefirewood.org/pest_pathogen/asian-long-horned-beetle-html/>
Rapport Planète vivante Canada
À partir de l’adresse <http://www.wwf.ca/fr/nouvelles_et_rapports/publications/rpvc.cfm?&utm_campaign=LPRC2017
&utm_medium=landing-page&utm_source=header&utm_term=fr>
Gardening and Landscaping Practices for Nesting Native Bees
https://digitalcommons.usu.edu/cgi/viewcontent.cgi?referer=&httpsredir=1&article=1723&context=extension_curall
État des Populations d’Oiseaux de l’Amérique du Nord 2016 (PDF) à http://fr.stateofthebirds.org/2016/
Single-crop farming is leaving wildlife with no room to turn
À partir de l’adresse <https://theconversation.com/single-crop-farming-is-leaving-wildlife-with-no-room-to-turn-38991>
Single-crop farming is leaving wildlife with no room to turn
À partir de l’adresse <https://theconversation.com/single-crop-farming-is-leaving-wildlife-with-no-room-to-turn-38991>
Seasonality of salt foraging in honey bees (Apis mellifera)
À partir de l’adresse <https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/een.12375>
Rising atmospheric CO2 is reducing the protein concentration of a floral pollen source essential for North American bees. -
Ziska, L.H. et al. 2016
À partir de l’adresse <https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27075256>
Keystone resources available to wild pollinators in a winterflowering tree crop plantation
À partir de l’adresse <https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/afe.12084>
"Parasitized bees are self-medicating in the wild." ScienceDaily. ScienceDaily, 1 September 2015.
<www.sciencedaily.com/releases/2015/09/150901204819.htm>.
Références
Jardiner autrement Page 24
Livres
Attracting Beneficial Bugs to Your Garden: A Natural Approach to Pest Control. Walliser, Jessica. 2013. Timber
Press. Portland, London.
Bringing Nature Home. Tallamy, Douglas W.. 2009. Bringing Nature Home.Timber Press; Updated, Expanded
édition.
Changements climatique et biodiversité du Québec. Berteaux, Dominique. 2014. Presses de l’Université du
Québec
Garden Revolution: How Our Landscapes Can Be a Source of Environmental Change. Weaner, Larry & Christopher,
Thomas. 2016. Timber Press.
Landscaping with Native Plants of Michigan. Steiner, Lynn M. 2006.Voyageur Press, Minneapolis.
Le Guide des papillons du Québec. Handfield, Louis. 2001. Les éditions Broquet. Éd. abrégée (1999)
The Carbon Farming Solution: A Global Toolkit of Perennial Crops and Regenerative Agriculture Practices for
Climate Change Mitigation and Food Security. Toensmeier, Eric. 2016. Chelsea Green Publishing. Vermont. USA
The Rambunctious Garden: Saving Nature in a Post-Wild World. Marris, Emma. 2011. Bloomsbury, USA.
C’EST L’HEURE. C’EST POSSIBLE. NOUS SAVONS COMMENT.
http://awsassets.wwf.ca/downloads/5419_wwf_french_5.pdf?_ga=2.173414819.1034314708.1523898115-677090422.1523898115
SARE (sustainable Agriculture Research and Education) - Introduction
Why Not Start Today? Backyard Carbon Sequestration Is Something Nearly Everyone Can Do
À partir de l’adresse <http://www.ecologicalgardening.net/2015/09/why-not-start-today-backyard-carbon.html>
ecological gardening...practicing reconciliation ecology in the Chicago region
À partir de l’adresse <http://www.ecologicalgardening.net/2015/10/backyard-carbon-sequestration-what-does.html>
Sustainable Carbon Dioxide Sequestration as Soil Carbon to Achieve Carbon Neutral Status for DoD Lands
À partir de l’adresse <https://www.researchgate.net/publication/320808866
_Sustainable_Carbon_Dioxide_Sequestration_as_Soil_Carbon_to_Achieve_Carbon_Neutral_Status_for_DoD_Lands
Références
Jardiner autrement Page 25