
Une partie du CO
2
absorbé retourne dans l'atmosphè-
re et une fraction est séquestrée dans l'humus. Image
dérivée de Soil Food Web de USDA, domaine public, via Wikimedia C
Une autre fraction reste normalement séquestrée dans le sol. On peut lui ajouter la fraction de carbone provenant des
tissus morts des racines, issus du renouvellement normal du système racinaire.
Il y a une voie plus efficace par laquelle le carbone athmosphérique retourne au sol. Dans une situation normale (sans
fertilisants chimiques), les plantes envoient, jusqu'à 40% des sucres issus de la photosynthèse, dans le sol. Ces sucres
(sous forme d'exsudats racinaires) servent à la formation d'une zone (la rhizosphère) riche en microorganismes autour
des racines, et à des échanges avec les champignons et organismes du sol. La présence des microorganismes protège les
plantes des pathogènes et génère des nutriments qui satisfont de 85 à 90% des besoins des plantes.
Une suite de processus, impliquant des colles bactériennes et des hyphes de champignons, permet l'agglomération du
carbone du sol en particules (humus) stables et durables. À ces processus, s'ajoute la circulation des habitants du sol
qui accroît l'aération nécessaire aux processus biologiques, comme la fixation de l'azote. L'aération du sol permet aussi
le réapprovisionnement des nappes phréatiques. Pour chaque 1% d'augmentation de matière organique du sol, 21
tonnes de carbone par hectare ont été séquestrées (réf.A). L'humus est enfoui dans le sol pour très longtemps.
Différente du compostage, la séquestration du carbone passe par la création d'humus dans le sol, sous une forme stable
qui peut rester stockée pendant des centaines d'année. La formation de l'humus dépend des relations entre les plantes
et les habitants du sol. L'apport d'engrais chimiques, aliène les relations entre les plantes et les organismes du sol. La
matière organique et les populations du sol déclinent. La formation de l'humus est réduite ou stoppée de concert avec
la perte des organismes responsables de sa formation. Le sol se dégrade et s'érode. Le labour et le bêchage sont aussi
à éviter car ils rompent les relations entre les partenaires et brisent les hyphes des champignons. Le sol exposé à l'air
libère du CO
2
et de l'oxyde nitreux, deux gaz à effet de serre. De même, un sol laissé à nu, verra sa structure décliner à
cause du bri des relations entre les plantes et les organismes du sol.
L'agriculture régénératrice vise à séquestrer un maximum de carbone. C'est une solution peu coûteuse, applicable par-
tout, qui répond à de nombreux problèmes graves : réchauffement climatique, dégradation des sols, érosion , déserti-
fication, raréfaction de l'eau, pollution (souvent d'origine agricole), disparition de la vie marine (très affectée par la pollution
agricole), épuisement des ressources (la production de fertilisants est extrèmement énergivore), perte de la biodiversité (très
malmemée par l'agriculture industrielle). Selon l'ONU (8), les approches agroécologiques pourraient permettre de nourrir
l’ensemble de la population mondiale et seraient même plus rentables que l'agroindustrie.
On sait que le réchauffement climatique est lié en bonne
part à l'augmentation du carbone athmosphérique (CO
2
).
La séquestration du carbone consiste à prendre le carbone
atmosphèrique pour le remettre dans le sol, sous forme de
matière organique ou végétale. Cette approche a le poten-
tiel d'atténuer significativement les changements climatiques.
Lors de la photosynthèse, les plantes utilisent l'énergie du
soleil, pour convertir le CO
2
athmosphérique en glucose riche
en carbone (C
6
H
12
O
6
). Ce sucre simple sera utilisé pour
former des chaînes de sucres complexes (polysaccharides)
comme l'amidon et la cellulose. Les polysaccharides
représentent 75 % de toute la matière vivante et organique
morte de la planète. Le carbone (à l'origine prélevé dans
l'athmosphère) constitue 50% du poids sec d'une plante.
Lorsqu'une plante meurt ou que les feuilles tombent, les 2/3
du carbone retournent dans l'athmosphère et 1/3 devient la
matière organique du sol. La décomposition de la matière
demande la participation de microorganismes aérobies (qui
respirent de l'oxygène et rejetent du CO2), de sorte que le
carbone est principalement retourné dans l'athmosphère.
C'est une partie du cycle normal du carbone.
⚫ 2 de 10. Séquestrer du carbone (théorie)
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