
L'agriculture conventionnelle fait grand usage de produits chimiques. Les pesticides tuent de nombreux ani-
maux non ciblés et une partie des organismes du sol; ils affectent la composition et la qualité des sols.
Des études démontrent que l'utilisation de fertilisants chimiques affecte aussi la qualité des sols. Les engrais
azotés stimulent les microbes du sol qui consomment la matière organique à une vitesse accélérée,
appauvrissant le sol en carbone (2). La diminution de la matière organique qui en découle entraîne aussi une
perte de capacité à retenir l'azote organique issu de la décomposition (voie principale d'approvisionnement
pour les plantes)(3). Le manque de rétention entraîne l'azote à polluer les mers, les eaux souterraines et
l'atmosphère (N2O, un gaz à fort effet de serre). Pour palier au manque d'azote, toujours plus d'azote
synthétique est requis et toujours plus de pollution et de problèmes en découlent. Les fertilisants, qui sont
des sels, irritent les vers de terre qui fuient la place.
Les plantes nourries aux engrais chimiques ne supportent plus les microorganismes de la rhizosphère. Les
populations de microorganismes déclinent de concert avec les ressources. La commaunité bactérienne se
modifie. L'impact négatif des engrais chimiques sur le carbone et la matière organique du sol, favorise la
présence de champignons pathogènes plutôt que celle des décomposeurs (1). Le sol perd particulèrement les
membres bénéfiques de la chaîne alimentaire. La formation d'humus, qui dépend de ces microorganismes,
s'arrête. Le sol perd sa fertilité et la texture grumeleuse qui permettait l'absorption de l'eau et le
réapprovisionnement des nappes phréatiques. Le sol se dégrade et se compacte. Il s'érode et part avec l'eau
non absorbée qui ruisselle. Les plantes souffrent de sécheresse et doivent être irriguées épuisant les nappes
phréatiques dont le réapprovisionnement est compromis. C'est une grave conséquence de l'utilisation
généralisée de l'azote synthétique, car une raréfication de l'eau est déjà prévisible avec le réchauffement
Le travail de labour défait les agrégats du sol, brise les réseaux fongiques, décime les vers de terre et les
arthropodes. Il expose le sol à l'air et libère du CO
2
, ainsi que de l'oxyde nitreux qui sont des gaz à effet de
serre. La structure du sol décline, la communauté des organismes est affectée. Si le sol est laissé à nu pendant
des mois, ses habitants seront privés de leurs ressources. Certains pourront entrer en dormance, d'autres
mourront ou seront affamés. La nature de la communauté va changer.
La machinerie et les labours compactent les sol, créant des zones où l'eau s'accumumule. Le sol s'appauvrit en
oxygène. Bientôt les organismes aérobies sont remplacés par les organismes anaérobies dont le métabolisme
génère des produits toxiques, et occasionne des pertes de nutriments. Selon le "Rapport de la Rapporteuse
spéciale sur le droit à l’alimentation" de l'ONU, 2017 (3), l'agriculture industrielle met en péril la fertilité des
sols (entre autres) et est une menace à la production alimentaire future.
Pesticides par Zeynel Cebeci, licence (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia commons
«L'homme est la plus folle des espèces.
Il adore un Dieu invisible et massacre la nature
visible ... sans se rendre compte que cette nature
qu'il massacre est ce Dieu invisible qu'il adore. »
⚫ Pesticides et fertilisants